FRONT POUR LE SURSAUT PATRIOTIQUE (FSP)
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POINT DE PRESSE
Cotonou, Chant d’Oiseaux, le 04 janvier 2018

DECLARATION A PROPOS DE LA SITUATION NATIONALE ACTUELLE

 

Le 13 octobre 2017, à l’occasion d’un géant meeting de protestation contre la gouvernance du Président Talon organisé à la Bourse du Travail à Cotonou avec la participation des députés de la minorité parlementaire, le Front pour le Sursaut Patriotique avait publié une déclaration à propos de la situation nationale. Dans cette déclaration, nous montrions que « le peuple a faim… , que jamais l’inégalité n’a atteint des proportions aussi vertigineuses dans notre pays et, ce, dans tous les domaines, …, que l’impunité et la corruption sont protégées au sommet de l’Etat et la rigueur, soi-disant de la loi, ne frappe que les faibles et les opposants…, que jamais l’administration n’a été aussi politisée…, que jamais les institutions n’ont été aussi avilies par un Président de la République.., que jamais les libertés n’ont été autant violées », bafouées, niées par le pouvoir en place. Nous montrions que le « Président avait perdu toute crédibilité à cause des reniements spectaculaires de la parole donnée ». Nous avons montré que cette situation est très grave et « demande des mesures courageuses de changement de sa gouvernance ». C’est pourquoi le Front pour le Sursaut Patriotique avait demandé solennellement ce jour-là, vendredi 13 octobre 2017, « au Chef de l’Etat, Patrice Talon, s’il lui reste encore un peu d’amour pour ce pays, d’accéder à l’exigence pressante de la réunion d’une Assise nationale d’ici le 31 décembre 2017 pour revoir la gouvernance du pays. »

Le 31 décembre 2017 est passé. Au lieu de la lueur d’espoir qu’aurait suscité l’adhésion du Chef de l’Etat à cette exigence des Etats généraux, aujourd’hui réclamés par des acteurs dans maints secteurs, le Président de la République plonge davantage le peuple dans l’angoisse, la famine et la misère et se lance dans la restauration d’une dictature autocratique au profit d’une mafia au sommet de l’Etat.
En effet, depuis octobre 2017, la situation du pays s’est aggravée dans tous les domaines. La faim et la misère se sont étendues avec l’augmentation des prix des produits de première nécessité face à un pouvoir d’achat en chute libre. Aucune perspective au profit des milliers de petits producteurs déguerpis des rues ; au contraire, le pouvoir menace, dans un mépris total de la personne humaine, de poursuivre les casses sans avancer une alternative. Le chômage s’est aggravé avec des licenciements économiques de milliers de salariés. Le climat des affaires s’est davantage dégradé et il n’y a plus de certitude pour les opérateurs économiques non associés au clan au pouvoir. La dépendance économique du pays s’est renforcée avec la remise dans une opacité totale des centres névralgiques du pays à des monopoles étrangers et des sociétés écrans appartenant au Chef de l’Etat et à son clan.
Non seulement la misère et la faim, mais c’est à la mort que le pouvoir de Talon condamne le peuple avec la multiplication des obstacles à l’accès à la santé dont veut à tout prix privatiser les centres. En témoignent les restrictions à la prise en charge des milliers de fonctionnaires en fonction ou à la retraite ainsi que leurs familles qui ont poussé le CNHU, l’hôpital public de référence, à refuser les modestes prises en charge des malades de ces secteurs. Nous disons qu’il s’est agi là, rien moins qu’un crime de masse.
Et pour établir un silence de cimetière au Bénin, des mesures des plus assassines contre les libertés sont prises en complicité avec une Assemblée nationale corrompue, ligotée d’un côté et bâillonnée de l’autre. Des députés sont interdits de parole au sein même de l’hémicycle ; des lois scélérates liberticides sont prises tous les jours sans égard à la Constitution et à la Cour Constitutionnelle. Celle-ci est superbement ignorée dans toutes ses mesures pouvant aller à l’encontre de la volonté du Chef de l’Etat. Ainsi, la décision sans équivoque et avec des délais formels, pour l’installation du Cos-Lépi est rejetée par la majorité présidentielle. Les libertés syndicales et le droit de grève sont retirés à la police, aux travailleurs de la santé, de la justice et aux magistrats. Le pays renoue avec des poursuites et des détentions politiques que l’on essaie de couvrir par des montages judiciaires et de slogans de lutte – sélective - contre la corruption.
Aujourd’hui, tous les droits conquis par le peuple dans sa victoire sur l’autocratie en 1989-1990 et consacrés par la Constitution sont dans les fers. Il n’y a plus d’institutions de contre-pouvoir. Le Parlement est vassalisé. La Haac est à ordre et continue de fermer des organes de presse non conformistes. La liberté de presse est traquée. Une guerre est lancée contre la Justice pour sa soumission totale au désidérata du Chef de l’Etat. La Cour constitutionnelle, clé de voûte du système, est méprisée et ses décisions ne valent que ce que le Chef de l’Etat veut en faire. La Constitution elle-même est, chaque jour, piétinée et les droits fondamentaux des citoyens et des travailleurs sont niés. Notre pays n’est plus un Etat de droit, mais est devenu un Etat voyou et policier où les décisions de justice, y compris celles de la plus haute instance en matière constitutionnelle, sont rejetées.
A la place de l’Etat de droit et de la dignité de la parole donnée, on assiste au déploiement nauséeux de la ruse et de la rage. A la place de la satisfaction des accords négociés par le Chef de l’Etat en personne avec des travailleurs en grève, le pouvoir, à l’échéance du moratoire, organise un coup de force anticonstitutionnel contre le droit de grève. La parole du Chef de l’Etat du Bénin n’est plus crédible et plus aucune crédibilité ne peut désormais lui être accordée.
Telle est la situation actuelle. En réponse à la demande solennelle de la réunion des Etats généraux, le président Talon, par les mesures prises, entend soumettre le peuple à sa dictature autocratique et faire des citoyens du Bénin des employés de la société Talon et Cie.
Le peuple est en face d’un défi, celui de rejeter la dictature autocratique du Président Patrice Talon. Il lui appartient désormais de prendre ses responsabilités comme il a su les prendre par le passé face aux présidents "gouverneurs" et dictateurs autocrates. Déjà, de partout, les fausses tribunes de dialogue social mises en place par le pouvoir de la duperie sont dénoncées et boycottées. Déjà se multiplient les exigences de la réunion des Etats généraux de la santé, de dialogue social, etc. Il appartient au peuple de se lever pour laver l’imposture, les parjures ainsi que la honte dont le pouvoir de Talon couvre le Bénin et les Béninois. Il appartient au peuple de se lever pour venir à bout de la gouvernance de la ruse et de la rage.
Et dans ce combat salutaire, le peuple saura, à coup sûr, réunir les conditions et moyens de tenir ses Etats généraux afin de recouvrer et de consacrer toutes les libertés, d’instaurer une autre gouvernance, une gouvernance patriotique et de probité.
Le Front pour le Sursaut Patriotique (FSP) ainsi que toutes ses organisations membres demeurent debout et confiants. Il salue et soutient les organisations des travailleurs, de la jeunesse, les honnêtes députés dans leurs diverses actions légitimes de protestation contre le danger public de la dictature autocratique. Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer. La dictature autocratique ne passera pas Ici, c’est le Bénin !
Ensemble nous vaincrons !
Enfants du Bénin debout !

Cotonou, le 04 janvier 2018
Le Front pour le Sursaut Patriotique.

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