Discours de Monsieur Léonce HOUNGBADJI, Président du Bureau Politique National du Parti pour la Libération du Peuple (PLP), à l’occasion du congrès constitutif du parti du Président Sébastien AJAVON

Djeffa, le samedi 24 mars 2018

Monsieur Nicéphore Dieudonné Soglo, ancien Président de la République,
Honorable Valentin Djènontin, Secrétaire exécutif national du parti Fcbe, représentant de Monsieur Thomas Boni Yayi, ancien Président de la République,
Monsieur le Président Sébastien Ajavon
Honorables députés à l’Assemblée Nationale,
Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,

Je voudrais tout d’abord remercier le Président Sébastien AJAVON qui m’a fait l’honneur de m’inviter au congrès constitutif de son parti. Ma présence parmi vous ici ce matin peut être interprétée comme la traduction d’un esprit de solidarité ainsi que la volonté que nous partageons en commun, de créer dans notre pays, un climat politique, à la fois démocratique c’est-à-dire fait de tolérance, et apaisé.
Votre congrès se tient à un moment où nous assistons, avec consternation et non sans surprise, à la politique de soutien contre poste, à l’intimidation politique, à la détention politique dans nos prisons, celle des brimades, des trafics d’influence, des propositions et promesses alléchantes faites sans scrupule et très souvent ouvertement à certains de nos compatriotes.

Jamais le Bénin n’a connu de la part d’un pouvoir qui se prétend démocratique, des comportements et attitudes aussi sectaires, fondés sur le mépris des autres, et pire, la haine de ceux qui ne partagent pas la même opinion que lui.
Jamais le Bénin n’a vécu sous l’égide d’un pouvoir qui se veut si hégémonique, qu’il dénie à tous les autres le simple droit à l’expression voire même à l’existence, y compris pour ceux qui l’ont précédé au pouvoir, et lui ont permis, au temps de leur magistrature de vivre et de contester, avec au surplus la violence verbale, et gratuitement agressive qu’on lui connaît.
Notre pays traverse une crise d’un niveau jamais encore atteint, une crise politique, économique, sociale, identitaire, à laquelle s’ajoute une crise de confiance. La crise de confiance est la plus dangereuse car elle mène tout droit à la justice du plus fort.
Aujourd’hui, les constitutionnalistes indépendants, autant que les magistrats de l’ordre judiciaire eux-mêmes, reconnaissent que dans notre pays, la violation des lois de la République est devenue systématique.
Le dédain vis-à-vis des décisions de la Cour Constitutionnelle, publiquement affiché de la part des membres du gouvernement eux-mêmes et du Chef de l’Etat en personne, traduit d’une certaine façon l’aspiration des princes qui nous gouvernent avec « Ruse » et « Rage », et qui finiront par « Disparaître » après avoir « Surgi » et « Agi », à instaurer la pensée unique et la loi du prince.
Même les partis politiques de la mouvance présidentielle ne sont tolérés et considérés, qu’aussi longtemps qu’ils acceptent de renoncer à leurs ambitions politiques, et de se plier à un simple rôle de figurant, auquel il est demandé de savoir applaudir les hauts faits d’un régime aux abois, dont ils ne sont finalement que les passagers sans opinion propre, aveugles et muets.
Notre pays en vérité n’a pas fini de vivre les épreuves politiques causées depuis des décennies par Monsieur Patrice Talon et sa cour remplie d’éperviers.
C’est pourquoi sans doute les fortes espérances nées de son élection se sont aujourd’hui totalement évaporées dans l’air nauséabond de la corruption ; corruption entretenue et développée avec cynisme, comme système principal de la gouvernance d’Etat, pour la survie d’un régime acculé au parjure.
Le programme d’actions du gouvernement chanté sur tous les airs apparaît aux yeux de tous, comme un programme-leurre, d’enrichissement illicite accéléré, d’hommes et de femmes chez qui quelques années d’exile volontaire ont fait naître jusqu’à l’excès, un vorace et inextinguible appétit financier.
Le PAG se révèle donc comme une incroyable et terrible supercherie politique.
En réalité, ce programme ne sert pour l’essentiel qu’à fabriquer des marchés, aux fins de permettre des surfacturations, des commissions et autres dessous de table, ainsi que des prébendes faramineuses, au profit de la féodalité de nos dignitaires. Car c’est une véritable aristocratie qui préside aux destinées de notre pays.
Dès lors, tout homme politique, tout citoyen qui critique le pouvoir par son opinion ou ses prises de position est condamné à l’élimination ou au discrédit, par les moyens de complots sordides, ou de rumeurs malveillantes, abondamment distillées par les « klébé » et autres « racoleurs » politiques.
Au Parti pour la Libération du Peuple (PLP), nous disons de façon claire et sans équivoque, que jamais, nous ne permettrons à quelque coterie politique que ce soit, qu’il soit au pouvoir ou non, de flétrir la démocratie pour laquelle, nous nous sommes si longtemps battus. Nous continuerons à nous battre au nom du peuple béninois, afin que les hyènes déguisées hier en adeptes vertueux de la démocratie, mais désormais à découvert, n’instaurent dans notre pays, le terrorisme politique, social et économique.
Dans tous les cas, Monsieur Patrice Talon et son clan de prédateurs et d’affameurs ne gagneront pas, car ils ont choisi la voie de la tromperie et de l’injustice. Ils ne gagneront pas, car ils méprisent l’intelligence de notre peuple et sa clairvoyance, que des années de batailles politiques diverses dans ce pays, ont pourtant mises clairement en évidence. Ils ont perdu le combat, dès lors qu’ils ont perdu à la fois la confiance du peuple et les vertus imméritées qu’on leur prêtait.
C’est vrai, ils disposent de la force. Mais c’est aussi précisément là que réside, et s’exprime quotidiennement leur faiblesse. Car la force véritable en démocratie, s’apprécie à travers le soutien populaire et non à travers, le déploiement quotidien des forces de police et l’étalage inutile, des moyens de guerre.
En effet, où est la force démocratique quand un pouvoir irresponsable et affairiste est obligé de faire peur à son propre peuple, pour se sentir en sécurité ?
Une telle force, n’est en fin de compte, Mesdames et Messieurs, qu’une illusion de force, que l’on affiche pour exorciser ses propres peurs et ses angoisses, peurs et angoisses résultant de la certitude que l’on a soi-même, de poser des actes répréhensibles.
C’est pourquoi Mesdames et Messieurs les congressistes, nous devons garder notre sérénité, car notre parti et tous ceux de l’opposition avec lesquels nous sommes liés dans un cadre infrangible de solidarité, sont en phase avec le peuple béninois.
Face à la radicalisation des mouvements sociaux, je demande au gouvernement de rétrocéder sans délai les salaires défalqués illégalement, arbitrairement et injustement aux travailleurs; de rapporter les décisions octroyant des rémunérations politiques provocatrices aux collaborateurs du chef de l’Etat et d’engager un véritable dialogue, sincère et vrai, avec les partenaires sociaux, afin de sauver l’année scolaire, le secteur de la justice et celui de la santé.
Au niveau de la gouvernance politique, les questions relatives au code électoral, au fichier électoral et aux réformes du système partisan doivent être discutées dans le cadre d’un dialogue vrai et sincère avec tous les acteurs.

Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,

La gouvernance économique et sociale est inquiétante. Le constat est là, clair et amer. Le Bénin et les Béninois se portent très mal. Les Béninois sont devenus plus pauvres que par le passé. Et pourtant, ils sont quotidiennement matraqués avec la cruauté de l’expert en torture, par le rappel régulier, comme une antienne, d’une prétendue croissance économique, dans ce pays que chacun sait, en pleine dépression économique et sociale.
Il y a un effondrement du panier de la ménagère. Les affaires se ralentissent. Les faillites se multiplient et le chômage s’installe. Des millions de Béninois sont touchés. Pour faire face à cette situation de crise sans précédent, le gouvernement prend des mesures inefficaces : augmentation des impôts, suppression des emplois, militarisation des écoles, collèges et universités, intimidation à l’égard des travailleurs, privatisation sauvage et inhumaine des entreprises publiques... Ce sont ces différentes mesures, entre autres, qui entraînent les grèves ouvrières en cours.
Ainsi, aux problèmes quotidiens des Béninois, des travailleurs, des enseignants, du secteur privé, des étudiants, des agents de santé, des magistrats, des mairies, des jeunes, des femmes dans nos marchés…, les réponses proposées sont invariablement, pour le pouvoir en place, autant d’occasions nouvelles de concocter des marchés publics, au profit exclusif d’une poignée de princes triés sur le volet, ou récemment débauchés. Malheureusement, ces marchés sont envisagés très souvent sur la base d’un endettement aussi massif qu’irréfléchi.
La dette du Bénin a déjà dépassé la barre des 4.000 milliards de FCFA sans que les Béninois ne voient la contrepartie. Avec les 2010 milliards de F Cfa de budget de l’Etat en 2017, qui a vu quoi dans sa localité ? Ecoles, centres de santé, dispensaires, marchés, routes, puits… ? Si quelqu’un ici présent a vu une infrastructure sociocommunautaire autour de lui en termes de réalisations au profit du gouvernement en place, qu’il lève la main. Je ne vois rien. Le peuple ne voit rien. Donc, « y a rien en face! C'est maïs », comme le dirait l’autre. Il n’y a que des vendeurs de poudre de perlimpinpin à la tête de notre pays.
La récurrence des emprunts obligataires traduit une gouvernance à la petite semaine ! Or, on ne gouverne pas un État comme une épicerie au jour le jour.
En réalité, le problème du Bénin, c’est Monsieur Patrice Talon : sa politique folle et égoïste, les parjures, les pillages des ressources financières du pays, la haute trahison, la destruction du contrat social, la violation du pacte républicain avec le népotisme, la désarticulation de l’administration publique, les salaires politiques choquants et les rentes de situation dans les secteurs juteux du pays.
Voilà comment l’avenir des générations futures est hypothéqué, comme sont hypothéquées surtout les ressources du pays, sur lesquelles gravitent les dernières espérances de nos concitoyens de la génération présente, ainsi que celles des jeunes qui attendent désormais désabusés, la concrétisation des fausses promesses d’emplois qui leur avaient été annoncées.
Voilà Mesdames et Messieurs les délégués, distingués invités, le Bénin de l’ère de la rupture. Une ère dans laquelle, sur un tout autre plan, la presse publique est au service exclusif des partis soutenant l’action gouvernementale, sous l’œil impuissant de la HAAC. Réduite au silence, elle laisse les pirates, je dirais les terroristes, prendre possession aussi facilement de fréquences de médias indépendants : radios et sites d’informations.

Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,

Faire de la politique aujourd’hui ne peut plus, et ne doit plus être un business, un fonds de commerce. Tout le monde est concerné. Ici ou ailleurs. La politique ne doit pas seulement consister à voter à échéance régulière et/ou à être élu ou nommé, mais également et surtout à faire avancer les choses avec sérieux et bienveillance, à tous les niveaux de responsabilité.
Face à l’échec des politiques gouvernementales, je lance un appel pressant au grand rassemblement en direction de toutes les forces politiques de l’opposition pour que nous puissions très rapidement mettre en place une politique qui dépasse les vieux clivages et qui produira à coup sûr des résultats probants pour notre peuple.
Je suis convaincu que nous pouvons, par le renouvellement aussi bien des idées que des actions et des visages, transformer notre classe politique irresponsable, affairiste, apatride, et notre société en général.
Pour le PLP, c’est une belle occasion que celle de ce congrès de réaffirmer que c’est dans l’unité de nos actions que réside, la force de l’opposition, et c’est dans notre détermination commune, que le combat engagé contre les Eperviers de la République pour la sauvegarde de la démocratie et le salut de la République, sera gagné.
C’est en renforçant entre nous une attitude de sincérité de tous les instants, que nous réussirons à redonner confiance à notre peuple meurtri, humilié, affamé, abandonné, ignoré et terrorisé au quotidien. Ainsi notre peuple saura et acceptera, qu’il existe malgré tout au Bénin, une certaine classe politique assez responsable pour savoir transcender, dans l’intérêt du pays, les querelles du passé.
Aujourd’hui, Dieu merci, notre entente au sein du Front pour le Sursaut Patriotique (FSP) est parfaite et je suis sûr qu’elle ira en se renforçant.

Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,

Patrice Talon, c’est fini !
Le Nouveau Départ, c’est fini !
La Rupture, c’est fini !
Le Bénin Révélé, c’est le Bénin Déréglé, le Bénin à l’envers. Tout ça c’est fini.
Lorsque vous voyez tous ces signes, lorsqu’un gouvernement se voit obliger de ramasser des pneus dans nos villes et campagnes, de réprimer des marches pacifiques dans le sang, de déterminer des lignes rouges, d’empêcher des femmes d’exprimer leur colère contre la faim et d’interdire aux morts, les « égoun goun » (revenants), de mener leurs activités, sachez que tout est vraiment fini.
Pourquoi devons-nous laisser alors une minorité arrogante gouverner notre pays comme une épicerie, une cabine téléphonique, voire un commerce de quartier, et le maintenir dans la fièvre du conflit sociopolitique permanent et dans la misère ?
Dans tous les cas, puisque nous avons opté pour la démocratie, il est temps pour chaque parti politique de ce pays, de comprendre qu’il n’est plus possible, quel que soit le moyen auquel l’on peut recourir, d’imposer une démarche politique pouvant ramener le Bénin au système de la pensée unique ou au pouvoir personnel du chef providentiel et infaillible. Ce temps est révolu.
Dans les temps actuels, c’est uniquement dans un esprit de dialogue constructif, sain et serein avec les autres, que le pouvoir d’Etat peut s’exercer dans l’harmonie et l’intérêt supérieur de la nation.
Le temps de la parole est terminé. Nous devons agir maintenant et tout de suite pour mettre hors d’état de nuire les oppresseurs et éperviers de la République.
Président Sébastien AJAVON, chers congressistes, le Front pour le Sursaut Patriotique (FSP) vous tend la main et vous attend avec impatience pour continuer le combat de la libération du peuple.

 

Vive l’opposition béninoise pour un prompt rétablissement de l’éthique démocratique dans notre pays,
Vive le Bénin, et que Dieu bénisse son peuple.
Je vous remercie.

 

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