Répression de la Liberté d’Expression  sous Yayi :

Un Recul Inquiétant

 I. Répression de la liberté d’Expression : genèse d’une dérive

La liberté d’expression, surtout envisagée d’un point de vue négatif, ne peut être isolée des autres libertés de la société : libertés publiques, liberté de la presse, liberté politique. Si depuis 2006, la liberté d’expression pose problème c’est parce que les autres libertés aussi ont du plomb dans l’aile. Mais, en tant  que sociologue, je vais me limiter à la liberté d’expression, qui est la plus intime en ce qu’elle touche à nos pensées et à nos opinions dans l’agora.

Alors, il va sans dire que depuis 2006, la liberté d’expression  est soumise à rude épreuves. Epreuves qui sont allées crescendo jusqu’à ce que le pouvoir révèle son vrai visage.

Le blogueur que je suis se souvient qu’avant 2006,  dans le domaine de la communication en ligne, les sites qui apportaient l’information du Bénin aux Béninois de la diaspora n’étaient pas légion. Les deux plus importants étaient L’Araignée et Bénin Info. L’Araignée était animée depuis le Bénin, tandis que Bénin Info opère depuis les Etats-Unis. En plus du relai de la presse béninoise, les deux sites publiaient des articles des membres de la diaspora, soucieux d’apporter leur contribution au débat national. L’Araignée était interactif puisque les lecteurs  pouvaient y laisser des commentaires, qui étaient publiés sans censure.

Mais à l’orée de 2006, et surtout après l’élection de Yayi Boni, un chamboulement s’opéra et le site Araignée tomba dans le giron du nouveau pouvoir. Du jour au lendemain, les articles critiques disparurent et ce qui faisait l’essence de l’interactivité, la possibilité de publier des commentaires, fut supprimé. Dans le même temps, le site Bénin Info qui est un site à vocation commerciale s’est entièrement placé sous l’influence tarifée du nouveau pouvoir dont il relaie l’information officielle en direction de la diaspora béninoise.

Par la suite, ces sites ont connu des fortunes diverses. Mais ce changement montre très bien, la grande sensibilité du nouveau pouvoir vis-à-vis des media, le besoin de contrôler l’information et d’imposer un discours officiel et unique à toute la société. Cette montée au créneau du pouvoir est allée de pair avec la création ex-nihilo de toute une kyrielle de titres en ligne, et de journaux papiers destinés à relayer ce qu’on appelait à l’époque la promotion du changement qui était pilotée par M Edgard Guidigbi. Et, à l’ORTB comme dans les autres médias, les Béninois n’avaient droit qu’à entendre les voix des hérauts du pouvoir parmi lesquels M. Gbégnonvi, qui,  abdiquant son rôle d’acteur phare de la société civile, se fendait régulièrement d’éditoriaux dithyrambiques et manichéens à la gloire du nouveau pouvoir et de son chef, érigé en Messie, docteur infaillible, qui va sauver le Bénin de tous ses maux.

Mais jusque-là cette nouvelle donne médiatique ne choquait pas la majorité des Béninois, qui pour beaucoup les toléraient. Du reste, très peu d’observateurs se rendaient compte de la répression déjà en germe dans ces actions. Et comme Yayi Boni avait été élu avec un score de plébiscite, il y avait un état de grâce qui favorisait l’ubiquité de la parole officielle.

En l’absence de voix contradictoire, le nouveau pouvoir n’a pas tardé à révéler son vrai visage. Très vite, dans le domaine politique comme dans le domaine médiatique, des faits tangibles sont venus heurter la sensibilité des citoyens, décillant leurs yeux sur le sort inquiétant des libertés, au premier rang desquelles  la liberté d’expression.

Toute une série de faits et d’actes posés par le pouvoir ont marqué les consciences et achevé de persuader les sceptiques de sa volonté liberticide. Un bref rappel de ces faits permettra d’illustrer le constat déplorable de la répression de la liberté d’expression sous Yayi Boni.

II. Quelques Cas de Répression de la Liberté d’Expression

Dans un communiqué signé par M. Gustave ANATO au nom de l’ODPH (Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples) en 2011 on peut lire notamment :

Je cite « Pour avoir osé critiquer la dispersion de l’Assemblée Nationale par son président avec l’aide des hommes en arme, des journalistes ont été passés à tabac à l’INFOSEC. ; Pour avoir l’outrecuidance de couvrir une manifestation de l’opposition à Cotonou, des journalistes ont été bastonnés à sang, arrêtés … ;  Pour avoir eu le culot de publier des articles ou de couvrir des manifestations qui dénoncent le hold-up électoral (…) la HAAC a sorti son visage hideux, celui du 4ième pilier du pouvoir autocratique de YAYI BONI en tentant de mettre les libertés d’expression et de presses conquises au prix du sang et de la sueur, de hautes luttes par les peuples du Bénin sous ses bottes »

Les faits signalés dans ce communiqué de l’ODPH se déroulent après le holdup électoral de mars 2011, mais depuis 2006, ils ne sont que le paradigme d’une culture, ce qu’on appelle en yoruba asa, sous le régime de Yayi Boni. Voici quelques cas qui  rafraîchiront les mémoires.

1°/ L’emprisonnement d’Andoche AMEGNISSE pour délit d’Opinion

Officiellement condamné pour contravention à la législation sur la presse, mais en réalité pour avoir écrit et publié dans son bulletin  TSYB 2011 que "YAYI BONI BAT SA FEMME", Monsieur Andoche Amègnissè, président du parti de l’Union des Laissés pour Compte (ULC), a été jeté en prison le vendredi 14/11/2008. Ce règlement de compte politique inique et autoritaire est digne des régimes dictatoriaux.

2°/ Suspension Provisoire de la Radio CAPP FM et poursuite de Dame Emilia Valdave

Radio Capp Fm suspendue pour un mois par la HAAC

le 5 novembre 2009, la HAAC suspend pour un mois les émissions de Radio Capp Fm.

Cette décision fait suite à l’émission du 3 novembre, « La voix de la Sentinelle », organisée par l’ONG « Etoile brillante du Matin », présentée par Madame Valdave Emilia Dagnonhouéton. Selon la HAAC, les propos de l’animatrice faisaient allusion au Président en des termes peu élogieux ainsi qu’aux religions pratiquées au Bénin en des termes injurieux. La décision de la HAAC considère notamment que l’émission était une "incitation à la haine religieuse".

L’ONG « Etoile brillante du matin » et l’animatrice ont été « interdites de toute antenne de radiodiffusions sonores et de télévisions et de publications de presse en République du Bénin pour une période de six mois, à compter du 5 novembre 2009 à minuit ».

3°/ Interpellations ou Agression de Journalistes

            En septembre 2006, les journalistes, Virgile Linkpon et Richard Couao-Zotti, ainsi que deux responsables du quotidien La Diaspora de Sabbat  interpellés, ont passé trois jours derrière les barreaux pour avoir dit qu'une des filles du président souffrait de maladie mentale.

            Le 31 juillet 2009, Sulpice Gbaguidi, journaliste à la chaîne de télévision Canal 3, a été agressé par des assaillants qui ont lancé des projectiles contre sa voiture et l’ont grièvement blessé à la tête.

Le 21 juillet 2009, une équipe de Golfe a été agressée par des individus durant une manifestation syndicale.

Le 24 mars 2011, un groupe d’agents de police de Cotonou,  a violemment molesté Seïdou Choubadé, journaliste et chroniqueur du quotidien privé  Le Nokoué, au cours de la  répression brutale des manifestations de l’opposition contre  des résultats électoraux contestés. Choubadé, qui  portait sur lui sa  carte de presse,  avait été battu à coups de matraque et avait  été blessé au visage.

Le 11 mars 2011,  le journaliste Claude Adigbli, de la nouvelle  Agence Bénin - Presse, a é té agressé par un membre en civil de la garde  présidentielle après qu’il eut abordé le Président pour lui poser des questions lors  d’un meeting électoral.

Le 18 février 2011, Moustapha Semiou Bashola, secrétaire  de rédaction du quotidien  Les Scoops du Jour,  a été battu par des agents  affectés à la  sécurité du Président  de l’Assemblée nationale. Deux des agents  ont  par la suite admis avoir agressé le  journaliste après l’avoir entendu critiquer le Président de l’Assemblée nationale à  l’extérieur  d’un lieu de réunion  de la majorité présidentielle

lire

4°/ La Démolition de l’Homme Debout : Un coup porté à l’expression artistique

 « L’homme Debout » est une œuvre monumentale conçue par l’artiste d’origine sud africaine, Bruce Clarke, et érigée sur la route des esclaves à Ouidah, à proximité de la Porte du Non Retour, en mi décembre 2012. Elle a été financée et produite par la Fondation Zinsou.

Réalisée avec la participation de jeunes plasticiens béninois, à la suite du workshop avec l’artiste, les « Hommes Debout » était la première œuvre d’une série dont la prochaine est en cours de réalisation à Kigali au Rwanda.

Le 16 octobre 2012, la Mairie de Ouidah et son conseil communal, qui avaient été sollicités pour aider la Fondation Zinsou à trouver un emplacement pour l’œuvre, ont choisi la Porte du Non Retour, afin de « bénéficier de la mise en valeur culturelle et touristique » que représentait ce projet.

Le 16 novembre 2012, le projet des « Hommes debout » avait obtenu le label « Projet soutenu par la Route de l’esclave » de l’UNESCO car « il était dans le droit fil du projet La Route de l’esclave : résistance, liberté, héritage qui a pour objectif de promouvoir le devoir de mémoire et de faire mieux connaître la résistance contre la barbarie et la déshumanisation menée sur les millions d’africains arrachés par la violence à leur terre et réduits en esclavage » « Hommes debout ».

Mais le mardi 15 janvier  2013, à 11h30, l’œuvre a été détruite par un bulldozer,  sur instruction du Ministre de la Culture du Bénin.

 

III. L’Instrumentalisation des Institutions

1°/ La servilité de la HAAC

La HAAC, la Haute autorité de l’audiovisuel a troqué son rôle de régulateur  contre celui de police de l’opinion déviante. Ses prises de position et ses sanctions autoritaires sont d’un parti-pris violent et d’une partialité déshonorante au regard de sa mission constitutionnelle et éthique. En témoigne, la promptitude servile avec laquelle la HAAC sanctionne le moindre acte de liberté des journalistes ou des citoyens là où elle se terre ou se montre sourde aux propos régionalistes ou attentatoires à la cohésion nationale  tenus souvent par le Chef de l’Etat ou ses Ministres. En vertu d’une interprétation contestable de son rôle constitutionnel, et en phase avec le régime autoritaire qu’elle sert,  la HAAC s’est muée en une Cour de Justice des Média. Journaux suspendus ou interdits définitivement, Journalistes emprisonnés, suspendus, ou interdits d’exercice de métier, ou forcés à l’exil ; procès aux médias qui osent laisser passer des voix discordantes, très vite taxées d’offense au Chef de l’État. Bref, la liste est longue des exactions du pouvoir, bénies par la HAAC.  A l’instar des autres institutions de la république instrumentalisées, la servilité au pouvoir de la HAAC s’inscrit dans  l’approche parodique de la vie politique qui veut que la volonté dictatoriale de Yayi Boni soit drapée dans les atours trompeurs de l’État de Droit. Et la HAAC est devenue la Haute autorité de l’audiovisuel et de l’Excommunication

            2.°/ La mainmise sur les Médias :  le bâton et la censure

Comme l’écrit le journaliste Marc Zoumènou dans un article publié par le Courrier International, « Progressivement, le gouvernement a imposé sa mainmise sur toutes les chaînes de télévision. La seule qui a réussi à lui tenir un peu tête, c'est Canal 3, mais pas pour longtemps  puisqu’un chantage fiscal portant sur une somme de 8 milliards de francs a forcé son Président, Issa Salifou, à rentrer dans les rangs. A l'ORTB  média de service public, l'opposition et la société civile ont progressivement perdu du temps d'antenne. L'émission "Bonjour citoyen", la seule qui a pu, pendant un moment donné, réussir à équilibrer l'information, a été finalement suspendue par la Haac, suite à une requête du chef de l'Etat. C'est aussi la même qui ferme définitivement le quotidien Le Béninois Libéré pour avoir critiqué les chefs d'Etat du Conseil de l'entente comme des "mal-élus". Le gouvernement a ainsi réussi à installer une sorte de psychose dans le paysage médiatique béninois. Lorsque Yayi Boni ne peut pas fermer certains média alors il procède au harcèlement judiciaire de leurs auteurs. C’est le cas du blogueur Illassa Benoit qui vit en France, qui en est à sa deuxième poursuite judiciaire par Yayi Boni pour diffamation entre autres choses.

 

IV   Formes alternatives d’expression

            1°/ Les réseaux sociaux.

Pour contrer le harcèlement du pouvoir et la répression sans merci de la liberté  d’expression, les réseaux sociaux, et les courriers électroniques sont mis à contribution. Dans un cadre juridiquement protégé, ils permettent aux citoyens à l’échelle planétaire de partager l’information et de réagir solidairement à l’actualité nationale. Mais cette configuration du village planétaire est surtout efficace parmi la diaspora installée dans les pays occidentaux en raison de la faible qualité de la connexion internet en Afrique. Au Bénin, l’indigence technique des réseaux et le caractère aléatoire de la fourniture électrique fragilisent le recours à Internet. De plus la méfiance du pouvoir à l’égard de la culture de liberté inhérente à ce media n’est pas étrangère à la négligence qui frappe ce secteur au Bénin.


            2°/ Mercredi rouge 

Lancé à la mi-juillet 2013, le mouvement du mercredi rouge invite les Béninois à s’habiller en rouge les mercredis pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis du gouvernement, dans la mesure où ils n’ont plus d’autres moyens ou lieux de le faire. C’est une initiative de l’association « Alternative citoyenne ». Le principal point de discorde  est la réforme controversée de la Constitution.. Mais c’est aussi l’occasion de faire valoir plusieurs autres revendications comme dénoncer la mauvaise gouvernance, les privations de libertés, la faim, etc. Malgré ses dehors inoffensifs, le mouvement n’a pas laissé indifférente l’ardeur répressive du gouvernement. Plusieurs de ses membres sont régulièrement interpellés ou harassés pour trouble à l’ordre public. L’épisode le plus spectaculaire et le plus médiatisé a été l’encerclement de la maison de l’ancien Ministre Gaston Zossou  le matin du 1er août. Il y a aussi l’ordre qui aurait été donné par le gouvernements aux opérateurs GSM de ne plus relayer les messages liés au mercredi rouge.

 

                                           Bénin, une Démocratie à Conquérir !

 

Après ce bref tour d’horizon de la situation de la liberté d’expression au Bénin depuis 2006, il apparaît clairement que cette liberté fait l’objet d’une répression implacable de la part du pouvoir. Comme nous l’avons dit plus haut, si la liberté d’expression va mal c’est d’abord parce que les autres libertés publiques et politiques ont du plomb dans l’aile. Il va de soi que la Démocratie sous Yayi Boni est devenue le passé d’une illusion. En cela, nous sommes fondés à parler de recul. Mais le recul est quelque chose qui s’apprécie par comparaison historique ou de façon analytique. D’un point de vue historique la comparaison avec le régime de Kérékou II peut laisser penser à un recul frappant. Mais il n’en est rien car le régime de Kérékou n’était une démocratie ni en amont ni en aval. Elle n’était pas une démocratie, car elle est le fruit vénéneux de fraudes et d’ententes illicites dans lesquelles l’ex-dictateur est passé maître. Et pendant les dix années soi-disant démocratiques de Kérékou, et tributaire des mythes mensongers de ce qu’on a appelé Renouveau Démocratique, une entente mafieuse au sommet faisait régner l’illusion d’une paix citoyenne ; mais en vérité ce n’était qu’une paix des pirates. C’est ce vaste marché d’échange de bons procédés entre une classe de corrompus et pilleurs des richesses nationales qu’on a appelé sous Kérékou le respect des libertés, dans la mesure où les bouches qui pouvaient crier étaient occupées à manger !  Donc comparées à cette période, le recul des libertés et notamment de la liberté d’expression sous Yayi Boni depuis 2006 n’est qu’une illusion, un artefact, un mirage.

Rejeton de la vaste supercherie du Renouveau Démocratique et du système oligarchique qui le fonde, Yayi Boni a mis fin au marché de dupe, et lui a substitué une bonne volonté autocratique dont l’aveuglement n’a d’égale que sa médiocrité. D’un point de vue analytique, il va de soi que cette bonne volonté et les crimes graves qui en découlent -- corruption, et violation des droits fondamentaux --  sont aux antipodes de la démocratie. A ceci près qu’il ne s’agit pas d’une démocratie qui existait, mais une démocratie qu’il est urgent de conquérir !


Message d'Olympe Bhêly-Quenun à la réunion publique du 2 février 2014

Prière du juste persécuté.
 
«  […] le voici en travail de misère,
il a conçu la peine, il enfante le mécompte.
Il ouvre une fosse et la creuse,
il tombera dans le trou qu’il a fait ;
sa peine reviendra sur sa tête,
sa violence lui retombera sur le crâne.
Je rends grâce à Yahvé pour sa justice,
je joue pour le nom du Très Haut. »
 
*

« Que Monsieur Thomas Boni Yayi ni Monsieur Albert Tévoédjrè ne comptent pas sur moi pour baisser les  bras, afin que celui dont l'élection au 1er tour demeure une forfaiture répréhensible puisse s'ancrer dans le Pouvoir, continuer à affamer le peuple, piétiner la presse, étouffer le social, faire régresser la culture, acculer et verrouiller la jeunesse dans une impasse et réduire l'enseignement  scolaire au ras du sol.

Soutenu par les artistes et les intellectuels, le peuple sénégalais a fait mordre la poussière à Wade, qui, lui aussi, voulait modifier la Constitution, mais pour un objectif autre que celui pour lequel la coterie veut recourir à des étrangers.

 

Le Bénin manquerait-il de juristes béninois, voire de constitutionnalistes de grandes qualités parfaitement au fait des fondements socioculturels de notre pays ? Maurice Ahanhanzo Glèlè a déjà commencé de sonner le tocsin ; je l'en félicite  vivement.

Les artistes et intellectuels béninois auront-ils le courage des Sénégalais? J’ai ouvert mes archives et relu Discours à la jeunesse,  prononcé en 1903 par Jean Jaurès, au lycée Lapérouse (Albi) où il enseignait la philosophie.

 

C’était en 1951 au collège Littré (Avranches), que Monsieur  Henri Jeanne, le principal, avait repris des passages de ce discours dont j’ai  pu trouver plus tard l’intégralité.

Les définitions du courage auquel Jean Jaurès exhortait la jeunesse de sa ville et de son pays, je voudrais que les lisent la jeunesse de mon pays ainsi que les intellectuels, fussent-ils déjà corrompus, et en prennent de la  graine.

 

« Le courage - déclarait Jean Jaurès-, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés.

« Le courage, c’est d’aimer  la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes  sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni  s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et  de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe,  et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux  applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

 

La tentative de l’ex - président Kérékou avait échoué ; laisser faire la coterie aussi radicalement corrompue que nuisible qui ne cesse de travailler à la régression déjà dénoncée par le R.V. Père Alphonse Benoît Codjo QUENUM, sera la preuve que « Régression préjudiciable » a atteint un point de non-retour.

 

Olympe BHÊLY-QUENUM

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