CADRE DE CONCERTATION SUR LA GOUVERNANCE AU BENIN (CCGB) SOUS
LA RUPTURE DU NOUVEAU DEPART AU BENIN REVELE.

Mesdames et Messieurs les membres du cadre de concertation sur la gouvernance au Bénin ;
Mesdames et Messieurs les sympathisants du CCGB,
Chers concitoyens ;
Ce Cadre de Concertation sur la Gouvernance au Bénin – CCGB a été créé le 29 mai 2014 et est un creuset de promotion de la bonne gouvernance et capitalisation des bonnes pratiques. Le journal, la Tribune du Travailleur sur la Gouvernance au Bénin et la page facebook comme organes de diffusion ont eu un écho favorable auprès des lecteurs. Plus de 1800 visiteurs ont aimé la page facebook et posté des commentaires encourageants au cours de la période pour une veille citoyenne afin que le peuple et les travailleurs n’entendent plus parler des atteintes aux libertés fondamentales démocratiques consacrées par notre Constitution ainsi que du non respect des décisions de justice. Le peuple et les travailleurs ne veulent plus voir et entendre parler de répression des marches, des mouvements de grève, des responsables de syndicats et des travailleurs pour faits de grève, des placements clientélistes de cadres dans l’Administration publique, plus de privatisation des secteurs vitaux de l’économie, plus de pillage des ressources de l’Etat, plus d’attribution de marchés publics sans le respect des procédures, plus de scandales financiers, économiques, mais plutôt que soient punis tous les auteurs d’actes de corruption et de scandales et les violateurs des libertés.
En clair toutes les luttes et celle pour la bonne gouvernance en particulier avaient pour objectif de sortir le Bénin de la dérive fatale pour l’érection d’un gouvernement patriotique qui fasse l’exact opposé des pratiques du pouvoir de Boni YAYI.
C’est dans ce cadre à l’époque que, travailleurs salariés, artisans, femmes des marchés, menuisiers, couturières et zémidjans, se sont mobilisés, se sont battus à visage découvert contre le système d’impunité et de pillage de Boni YAYI, bravant toutes les intimidations, les enlèvements, les insinuations du genre de « les travailleurs sont manipulés par l’opposition ». Voilà les conditions dans lesquelles, le contrôle citoyen a servi à arrêter la gouvernance des scandales financiers, économiques et politiques et permis à ceux qui étaient les purs produits de ce système contre qui des mandats internationaux étaient lancés, de revenir de l’exil et à ceux qui étaient en prison pour tentative de coup d’Etat, de sortir.
Du 06 avril 2016 au 27 décembre 2016, quel est l’état des lieux de la gouvernance de la rupture pour un nouveau départ que le Président de la République Patrice Athanase Guillaume TALON, veut révéler aux Béninois ?
L’exercice nous a été un peu facilité en prenant comme base idéologique et de gestion la réponse à une question du journaliste Serge Michel du journal le Monde au Président de la République le 20 mai 2016.
Question du journaliste : Pendant trente ans, vous n’avez pensé qu’à une chose : vous enrichir. Comment pouvez- vous maintenant garantir aux Béninois que vous allez penser à eux ?
Patrice Talon : Ça va vous choquer, mais ce que je fais, c’est d’abord pour moi-même. Je pense à moi tout le temps….
Le peuple est donc ainsi averti Voyons alors les faits.
- La gestion économique du pays. Le Chef d’Etat pense à lui-même d’abord et demande aux citoyens d’être patients, de consentir des sacrifices pour un lendemain meilleur. Pendant ce temps, on voit afficher dès les premiers conseils des ministres et les conseils qui suivent, la volonté de l’opérateur économique, de concentrer entre ses mains les secteurs vitaux et stratégiques de l’économie nationale. Il est actuellement le seul et incontournable fournisseur des intrants du coton et des produits vivriers. A qui appartiennent aujourd’hui les sociétés SODECO, AIC, SDI, DFA, CSPR, CAI, et dans quelle escarcelle vont tomber les dernières structures privatisées (ONS, ONASA, SONAPRA). Les quinze usines d’égrenage lui appartiennent désormais d’office ainsi que l’exportation du coton, principal produit de rente du pays. Le retour du PVI est annoncé de même que la prise en charge d’autres secteurs comme l’énergie, le port etc.etc. il y a de quoi être inquiet. Par conséquent, il urge pour la gestion transparente du pays, que les listes des sociétés transférées du Président de la République et surtout de ses collaborateurs soient publiées pour éviter les conflits d’intérêt. Aussi le peuple veut savoir combien l’Etat béninois doit au Président de la République en tant que ancien opérateur économique et combien le trésor a déjà remboursé. Les marchés gré à gré à des cabinets d’audits des éléments de la cour du Président ont refait surface. Même le recensement biométrique des agents en activité et à la retraite confié à la société SAFRAN au détriment de structures nationales compétentes, par quelle procédure et pour quel montant ? Les décrets d’application de la loi PPP adoptée par le parlement et promulguée par le Président n’étaient pas pris et pourtant déjà plusieurs contrats ont été signés (marché de la sécurisation du port par exemple). Les cerveaux présumés de PPEA2 sont attributaires de marchés gré à gré à plus de quatre milliards : (entretien du palais de la république, entretien de l’ancien hall des congrès). Actuellement pour doter le pays du fameux cadastre pour un montant de centaines de milliards qui n’est prévu dans aucun plan de passation des marchés publics, des attributions se font en catimini.
- Les nominations dans l’Administration Publique : il a été annoncé à grands renforts les appels à candidatures, la nomination basée sur la compétence. Depuis la prestation de serment à ce jour, pas d’appels à candidature, pas de critères de nomination connus des travailleurs. Au constat il s’agit du débarquement des agents du secteur privé en majorité des sociétés du Chef de l’Etat quand il était opérateur économique. On assiste à des placements de retraités et de parents à des postes stratégiques, des anciens employés et amis, des copains et les recommandés de la France-Afrique. Les autres nominations sont surtout celles de quelques cadres ayant soutenu le candidat, tout ceci sur une base régionaliste, tribaliste et ethnique pour un meilleur quadrillage et de contrôle de l’administration publique aux fins de pillage avec une assurance tout risque. La morale de certaines recrues laisse à désirer. Le slogan philosophique de cette gouvernance est : « l’Etat gère mal, seul le privé gère bien ». Alors pour deux agents permanents sortis, trois voire quatre les remplacent et sont payés à des salaires hors grilles (plus du million). Malgré les contestations de certaines de ces nominations par des travailleurs dans plusieurs ministères (Finances, Culture etc. etc.), le pouvoir reste sourd aux mouvements des travailleurs. Et pourtant des exemples positifs existent dans le domaine de la désignation des cadres dirigeants : la généralisation comme dans les universités publiques de l’élection des dirigeants.
Au total l’administration publique est centralisée entre les mains du chef de l’Etat, agissant comme un "Dah", entouré de son conseiller spécial et son alter ego Oliver BOKO qui constituent la cour au-dessus des ministres et autres hauts cadres qui constituent la basse-cour.
- Les libertés fondamentales :
• Les libertés de presse : le 29 novembre 2016, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication béninoise (HAAC), a ordonné la coupure de l’émetteur de Radio Soleil, puis s’en est suivi celle des télévisions privées E-télé, Eden TV, Sikka-TV, Béninoise, etc. invoquant une mesure conservatoire pour des motifs administratifs. Cette pratique de gouvernance est pareille à celle de YAYI lorsque certains organes relaient des points de vue critiques vis-à-vis de sa gestion du pays. On a connu le cas de Canal3, et de Golf TV en pleine campagne présidentielle de mars 2016. La gouvernance a consisté de rompre tous les contrats existants sous l’ancien régime sous prétexte de faire des gains. Aujourd’hui sur quelle base des contrats de 250 millions, de 100 millions sont signés avec certaines chaînes de télévision. La gouvernance de diviser pour régner n’a jamais favorisé l’unité nationale et le développement qui sont proclamés les préoccupations du Chef de l’Etat dans son discours devant l’Assemblée nationale le 22 décembre 2016.
• Les libertés d’association et de manifestation : La rupture pour le nouveau départ mué en 9 mois d’exercice, en Bénin « révélé » se trouve sur les traces du « PRPB » des présidents Mathieu KEREKOU et Boni YAYI dans la violation des libertés fondamentales. En effet, le 04 Octobre 2016, le conseil des ministres a pris les décisions suivantes : « toutes les fédérations, unions, associations ou organisations faîtières d’étudiants sont interdites d’activités dans toutes les quatre universités nationales ; les conditions d’exercice des activités et/ou de reconnaissance des associations d’étudiants sont définis par décret pris en conseil des ministres », poursuit le communiqué. Il s’agit d’une dissolution hypocrite des organisations estudiantines comme ce fut le cas sous l’autocrate Mathieu KEREKOU en 1975 pour la JUD (Jeunesse Unie Anti-impérialiste du Dahomey) et le 27 avril 1985 pour la dissolution de la coopérative universitaire. Cette décision est arbitraire, illégale, illégitime et anticonstitutionnelle. Il s’agit là des signes de pouvoir fasciste et dictatorial. Avec le Président Talon, sous le couvert des réformes non consensuelles et d’un référendum à issue incertaine, la seule voie qui reste est celle du messianisme et de la dictature. On assiste à des signes annonciateurs de la ferme volonté du gouvernement d’en découdre avec les travailleurs et leurs responsables syndicaux, de réprimer toutes les velléités des travailleurs. Le mercredi 30 novembre 2016, le gouvernement à annoncé la liquidation ordonnée des sociétés d’Etat (ONS, ONASA, ICAI et SONAPRA). Les travailleurs de la SONAPRA dans l’après midi du 07 décembre 2016, ont assisté à une scène identique à la période de la dictature autocratique : deux militaires, un capitaine et un adjudant ont fait une descente à la SONAPRA après l’annonce par le syndicat d’une grève de 48 H ; selon les informations, les forces de défense y seront déployée dans les structures à liquider pour assurer la sécurisation des personnes et des biens. La stratégie de gouvernance du "Bénin révélé", c’est intimider les travailleurs, militariser au besoin certaines structures où les travailleurs montrent une certaine détermination à aller contre la mauvaise gouvernance. Au Ministère des finances et de l’Economie le 26 décembre 2016 c’est le même scénario : militarisation, relèvement de ses fonctions de chef service, du secrétaire administratif de la FESYNTRA-FINANCES qui est en même temps le SA/ du SYNTRACEF principal animateur des manifestations au MFE pour motif de sit-in non annoncé.
- Quoi des dossiers dont le peuple exige de voir clair ?
Tout le monde est unanime pour dire que le mal dont souffre notre pays et qui empêche son développement est l’impunité. Les corrompus et les corrupteurs sont connus et circulent librement. Certains sont reformés et sont à des postes stratégiques dans l’appareil de l’Etat actuel. La réponse à la lutte contre l’impunité donnée par le Chef de l’Etat à Parakou est claire. Le peuple ne serait pas prêt à cause des pressions. Ici et maintenant, nous nous opposons à cette affirmation et réaffirmons que nous sommes prêts depuis longtemps et encore tout de suite. Monsieur le Président, si vous êtes prêt, le peuple est prêt et le CCGB dans sa détermination vous accompagnera. Le peuple veut voir clair dans les scandales d’ICC-SERVICES, MARIA-GLETA, MACHINES AGRICOLES, DANGNIVO et Dame AGBOSSOU SOHOUDJI Bernadette, Construction de l’Assemblée Nationale etc. etc. Où en est le jugement des organisateurs des concours frauduleux, la vérification de la gestion de la filière des véhicules d’occasion depuis 2006 ?
- Enfin et surtout quel sort pour les hommes, femmes et enfants du peuple ?

Une bonne gouvernance prend l’amélioration du sort du peuple comme boussole permanente. Mais le Président qui a déclaré qu’il pense d’abord à lui-même et tout le temps ne peut avoir le souci du peuple. Sous couvert de lutte contre les malfrats, des restrictions de circulation et d’accès aux marchés, surtout à Cotonou ont été imposées, sans égard au sort des commerçants et même des élèves des établissements limitrophes. Des lignes rouges sont dictées.
Les contributions scolaires ont été rétablies pour les filles au second cycle dans un pays où la pauvreté frappe plus de la moitié de la population.
Les étudiants sont malmenés avec l’adoption d’une carte universitaire arbitraire et inconséquente. Les frais d’études demeurent exorbitants et la tendance à la privatisation de l’enseignement supérieur et au rejet des fils des pauvres se renforce dans le "Bénin révélé".
Des suppressions d’emploi des sociétés en liquidation viennent gonfler le lot énorme des sans-emploi. Et pendant ce temps, les milliardaires qui nous gouvernent ne veulent pas voir les pauvres commerçants et artisans exercer leurs activités au bord des trottoirs. On leur ordonne de dégager le domaine public sans avoir dégager ceux-là qui occupent les domaines publics auparavant prévus dans les quartiers pour les marchés de proximité et les loisirs. Les chefs des mafias domaniales sont tranquilles et narguent les populations expropriées.
L’avancée du pays demande des sacrifices. Et notre peuple ne craint pas les sacrifices. Il les a consentis pour conquérir les libertés. Il consent à ces sacrifices pour l’instruction des enfants, pour la marche des entreprises et des administrations. Mais les sacrifices ne doivent être imposés au peuple pendant que les dirigeants au pouvoir se partagent le bien public.
Conclusion.
On dit que le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument. Avec un Président qui a le pouvoir d’argent et le pouvoir politique, si le peuple dans un sursaut patriotique ne se réveille pas pour freiner l’élan dictatorial et autocratique qui est en marche par une veille citoyenne à chaque instant, le Bénin va se révéler dans les affaires et les poches de quelques riches. Le cadre de concertation offre son forum à toutes les dérives de la mal gouvernance. Le journal "La tribune des travailleurs sur la gouvernance au Bénin" change de dénomination et devient le journal "La Tribune du peuple sur la gouvernance au Bénin". Œuvrons pour l’érection d’un pouvoir patriotique et de probité pour l’émancipation complète des uns et des autres. Ne tolérons plus que, à grand et à petit feu, on nous tue.
Je vous remercie.

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