ADRESSE AUX ROIS ET AUX DIGNITAIRES TRADITIONNELS

TENEZ A VOS REVENDICATIONS
POUR LA DIGNITE ET L’’EMANCIPATION DE VOS PEUPLES

Le samedi 04 mars 2017, par l’entremise du député Gbadamassi et du maire Charles Toko, une délégation de rois du septentrion a été reçue par le Président de la République. Le Roi de Kika, porte parole de cette délégation dira qu’il s’agit d’une délégation des Rois et chefs de terre des quatre départements du nord, venus pour « saluer les réformes politiques et institutionnelles engagées… et en même temps apporter les bénédictions royales pour leurs succès ». (Cf "La Presse du Jour" n° 2832 du lundi 6 mars 2017).
Vous avez été surpris et troublés par cette démarche qui rappelle tristement les pratiques de division, d’indignité et de courtisan observées sous le pouvoir défunt de Boni Yayi. Mais heureusement et dans le même temps, il vous a été loisible d’observer que cette délégation conduite par le Roi de Kika ne représente pas, contrairement à ses déclarations, tous les Rois et Chefs de terre du nord et que les plus grands et les plus dignes n’étaient pas à cette rencontre. Cette observation vous permet alors de situer et de déplorer ces pratiques de certains Rois et dignitaires qui, écrasés devant les charges que leur impose leur noble fonction de successeur des trônes de nos ancêtres, n’hésitent pas à sacrifier leur dignité.

Contrairement à ceux-là, beaucoup d’entre vous se battent pour la promotion et la prise en compte dans la gouvernance de notre pays, des valeurs positives des traditions dont vous êtes les dépositaires. Depuis sa fondation en 1997 par feu Pascal FANTODJI, l’INIREF a puissamment aidé à cette tâche avec la dissémination de vos revendications synthétisées comme suit :
1- Reconnaissance par l’Etat des Rois et Chefs de terre dans leur rôle quotidien de juges et d’administrateurs. Mise en place sur cette base d’une juridiction traditionnelle (en matière domaniale, matrimoniale, des délits jusqu’à un certain niveau, de conflits entre des communautés, etc.,) depuis la base jusqu’au sommet de l’Etat ;
2- Mise en place au sein de l’Assemblée nationale d’une Chambre des dignitaires traditionnels, chargée d’examiner la conformité des lois votées par les députés avec nos valeurs positives ;
3- Reconnaissance et mise en œuvre des langues nationales, socles et véhicules des cultures nationales, en tant que langues d’instruction et d’administration dans vos terroirs respectifs, conditions sans lesquelles, il n’y a point de sauvegarde et promotion des valeurs positives de nos us et coutumes.
4- Reconnaissance des autres dignitaires, auxiliaires principaux des Rois et Chefs de terre, (Chefs de couvents, guérisseurs traditionnels, chasseurs et brigades de jeunes-donkpê-) dans leur rôle dans la santé (morale et physique), de sécurité des biens et des personnes ;
5- Rémunération des Rois, Chefs de terre et autres dignitaires sur la base de ces rôles qu’ils jouent et reconnus officiellement. Il ne s’agit pas, en ce qui concerne les rémunérations, d’une aumône, mais de paiement pour un service rendu à l’administration et à la gestion du pays pour le bien de tous.
6- La réhabilitation des palais royaux ainsi que des hauts lieux culturels.
Ces revendications ont été portées devant les autorités à l’Assemblée nationale avec le dépôt d’un avant-projet de proposition de loi sous le pouvoir du Président Boni Yayi.
A l’arrivée au pouvoir du Président Patrice Talon, votre concertation tenue à Cotonou le 30 mai 2016 a renouvelé ces revendications et les a portées à la Commission des Réformes politiques et institutionnelles pour leur prise en compte dans le projet de révision de la Constitution.
Au vu de ces revendications et des exigences de dignité et d’émancipation des peuples dont vous avez la charge, on se doit de reconnaitre que les revendications présentées par le Roi de Kika sont réductrices. On ne peut suivre et participer à la gouvernance du pays sans une Chambre des dignitaires à l’Assemblée nationale. On ne peut faire vivre et survivre les us et coutumes sans que les langues locales, véhicule de ces us et coutumes, ne soient langues d’instruction et d’administration dans leur terroir. Vous ne demandez pas l’aumône, ni la magnanimité d’un dirigeant. Votre rémunération est nécessaire au vu des rôles que vous jouez déjà quotidiennement pour la paix, la justice, la santé, l’éducation de la population.
L’INIREF vous appelle par conséquent à tenir à vos revendications. Il vous appelle à œuvrer pour la prise en compte dans la Constitution du Bénin, de ces revendications pour l’émancipation, la souveraineté et la dignité de notre pays.
Pour que Vive l’émancipation de nos peuples et que Vive le Bénin !

Cotonou, le 10 mars 2017

Le Président

Hounpati B.C. CAPO

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