LES SOUTIENS DE BONI YAYI PASSENT-ILS AUX AVEUX ?

Près d’un mois après la disparition de Pierre Urbain DANGNIVO après sa sortie du service dans la nuit du 17 août 2010, des protestations montent de toutes les couches sociales et s’expriment dans des manifestations diverses et dans la rue. Hommes, femmes, individuellement ou en organisations, en un mot tout le pays se met debout pour exiger que les autorités chargées de la sécurité des personnes et des biens, c’est-à-dire le gouvernement fasse promptement, diligemment et correctement son travail pour retrouver sain et sauf le disparu.

Mais curieusement, comme réponse à cette mobilisation des travailleurs et du peuple et cette interpellation légitime du gouvernement chargé de la sécurité des personnes et des biens, des soutiens de Boni YAYI se mettent à combattre le peuple, à vouloir intimider les syndicats et les organisations. Ils se mettent à dire : pourquoi les travailleurs et tout le monde se mobilisent-ils aujourd’hui, alors qu’il y avait eu par le passé, des disparitions et personne n’en avait rien dit ? Pire, des gens comme HOUEDJISSI, Alexandre HOUNTONDJI pour ne citer que les derniers hauts parleurs, vont jusqu’à incriminer et calomnier la famille du disparu, présenter des disparitions d’hommes comme chose récurrente à la veille des élections, menacer les responsables syndicaux. Et ces graves propos n’ont été désapprouvés par aucune structure du pouvoir.

Alors on doit sérieusement se poser des questions. Lorsqu’un homme disparait, il appartient au gouvernement de retrouver le citoyen perdu, d’expliquer à l’opinion publique les circonstances de la disparition. Et lorsqu’on ne voit pas la diligence du gouvernement à cette tâche, lorsqu’après plus de deux semaines, le chef de l’Etat interpellé par les responsables syndicaux dit n’être pas au courant, n’a-t-on pas le droit de s’inquiéter ? Et si devant l’inquiétude du peuple tout entier, les soutiens du pouvoir se mettent à incriminer, menacer le peuple, alors on doit convenir que les HOUEDJISSI et autres Alexandre HOUNTONDJI avouent, soit que le gouvernement de Boni YAYI est incapable d’assurer la sécurité des personnes dans le pays, soit que le gouvernement lui-même est impliqué dans la disparition du citoyen recherché, de son enlèvement.

Dans les deux cas, en banalisant et fustigeant l’émoi du peuple et les interpellations du gouvernement, ils veulent instaurer et faire accepter un état de fait, de psychose et de terreur : la poursuite des disparitions d’hommes sans suite dans le pays.

Et c’est justement là que l’on peut et doit se rappeler les nombreuses ‘’sorties’’ de Boni YAYI devant maints auditoires, à propos des chefs d’Etat qu’il admire et auxquels il veut ressembler. Ce ne sont que des tyrans, assassins du peuple comme feu EYADEMA père. Les élans de dictateur du nouveau chef d’Etat ont été décelés dès l’aube de son quinquennat et un douanier communiste a pu le dénoncer publiquement. Depuis lors, les nombreux crimes commis impunis contre de paisibles citoyens, les attaques incessantes contre les libertés de réunion, de presse, de manifestation, de grève, l’organisation de milices sur les campus universitaires contre les étudiants révolutionnaires et progressistes, la formation des groupes de briseurs de grève et de mouchards dénommés ’’patriotes’’ au sein des travailleurs, la protection des auteurs de crimes de sang, les menaces de mort contre des opposants et des responsables syndicaux ont fini d’établir que Boni YAYI est un tyran, et que la disparition de citoyens, d’un haut cadre de l’administration publique avec sa voiture à la sortie de service sert ses desseins de tyran pour tenter d’effrayer le peuple.

C’est ce que les travailleurs, à commencer par ceux du Ministère des Finances, ont d’instinct ressenti. C’est cela que les responsables des centrales syndicales ont compris. Et la mobilisation des travailleurs a réveillé le peuple tout entier y compris des partis politiques qui considéraient naguère les marches comme trouble à l’ordre publique et manifestations de voyous.

Le PCB qui a encouragé et soutenu dès le départ ses militants et sympathisants à se mobiliser pour que l’on retrouve sain et sauf Pierre Urbain DANGIVO, est heureux de la mobilisation et des actions grandissantes des travailleurs, de leurs organisations syndicales, ainsi que celles des partis d’opposition pour que l’on retrouve Pierre Urbain DANGNIVO sain et sauf et que prennent fin les disparitions et assassinats impunis dans notre pays. Il invite le peuple à multiplier les manifestations de toutes sortes, sans se lasser ni se décourager.

Il fustige les propos des soutiens du pouvoir, des HOUEDJISSI et autre Alexandre HOUNTONDJI comme des provocations inadmissibles qui confirment que le peuple doit se lever encore mieux, encore plus fort dans un soulèvement général pour chasser le tyran Boni YAYI de la tête de notre pays.



Cotonou, le 14 septembre 2010

Le Parti Communiste du Bénin

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