Index de l'article

Thème : « Suivant les enseignements de Pascal Fantodji, préparer de façon pratique la révolution imminente pour l’instauration d’une société émancipée au Bénin prenant pour axes les derniers cris de la science et les cultures et traditions de nos peuples »

CPA, le 11 Septembre 2010.

Discours d’Ouverture du Parti Communiste du Bénin

Majestés Rois, Reines, Chefs de terre, Excellences les Intellectuels Traditionnels, Chefs religieux, Guérisseurs et Devins, Chefs Chasseurs, Chefs Donkpè !

Gbanhounkponon et Chanceliers des Ordres et Sous-ordres !

Dignitaires de toutes les contrées e notre pays, je vous adresse les salutations les plus fraternelles et militantes du Parti Communiste du Bénin et vous souhaite la Bienvenue.

Au nom de mon Parti, je tiens en cette occasion à remercier Vos Majestés les Dignitaires (que j’ai eu à visiter) pour l’accueil très cordial et très amical qu’elles m’ont accordé lors des tournées de civilité et de courtoisie que je viens d’effectuer en tant Premier Secrétaire du Parti Communiste du Bénin au près de Vous. Soyez mes Interprètes au près de Vos Cours et portez- leur toute l’amitié et la reconnaissance que je leur dois.

Avant tout, je tiens à rappeler le message que j’ai tenu aux Majestés lors de cette Tournée auprès de Vous. Que leurs Majestés m’en excusent d’en parler. Mon message auprès de Vous a pour contenu ceci : « Majestés ! Respectés Dignitaires de mon pays ! Levez-vous pour récupérer vos pouvoirs et attributions que depuis 1894 le colonisateur français vous a arrachés ». Et ce disant je développe ainsi un point de mon « Adresse au Peuple du Bénin » en date du 04 Août dernier en même temps qu’il est en harmonie avec le thème de cette assise : « Suivant les enseignements de Pascal Fantodji, préparer de façon pratique la révolution imminente pour l’instauration d’une société émancipée au Bénin prenant pour axes les derniers cris de la science et les cultures et traditions de nos peuples »

Ce message, faut-il de le rappeler à cette conférence a reçu auprès de Vos Majestés et Dignitaires un accueil favorable.


I

L’année 1894 est considérée comme l’année charnière de la colonisation de notre patrie, le Bénin, par les troupes coloniales françaises ainsi que symbolisée par la défaite du roi Béhanzin et sa déportation à l’étranger. Mais cet événement ne constitue qu’un épilogue dans le long processus d’agression impérialiste contre les peuples de notre terre, contre ses Dignitaires et notamment contre ses valeurs existentielles telles la langue et les cultures. Depuis les premiers contacts européens avec les peuples d’Afrique se situant à la fin du 15è siècle jusqu’à cette date de 1894 que de crimes ont été commis sur la planète ! Au nom de la civilisation européenne proclamée unique et universelle, des civilisations entières et leurs peuples détruits comme les Amérindiens (Civilisations des Cités Mayas, Aztèques et Incas) et contre les peuples africains, l’esclavage, la traite négrière, les destructions des croyances entières avec les valeurs universelles qu’elles sous-tendent et que savons-nous encore ! La razzia se poursuit de nos jours. Ce processus de domination de la planète par les langues et cultures européennes décrit la chronique de la naissance, du développement du capitalisme jusqu’à sa phase impérialiste. Comme on le sait, nos peuples sont bien loin des frontières des colonisateurs européens et ne leur ont donc jamais cherché noise. Pourquoi donc cette agression ? C’est essentiellement parce que le capitalisme d’abord ascendant jusqu’au milieu du 19è siècle et devenu monopoliste vers la fin de ce siècle avait besoin d’abord pour la mise en valeur de ses vastes terres du Nouveau Monde de bras valides, et ensuite pour ses usines en métropole des matières premières et de débouchés pour les produits fabriqués. Pour les monopoles et les profits capitalistes, tous les crimes sont permis ! Que de torrents de sangs et de larmes les impérialistes d’Europe et plus tard d’Amérique n’ont-ils pas fait couler dans le monde ! La conquête de nos terres s’est faite avec trois armes : les missionnaires chrétiens, les marchands et les militaires pour finaliser l’œuvre largement entamée par les premiers.

Tout conquérant sait que pour gagner un peuple, il faut d’abord gagner sa conscience. Un peuple se conquiert d’abord et avant tout par la cervelle de ses hommes et la foi. Les armes physiques ne jouant qu’un rôle de parachèvement. De façon particulière, pour le territoire du Dahomey, actuel Bénin, les missionnaires chrétiens ont été mis en avant comme porteurs de civilisation pour sa colonisation.

Mais au regard de l’évolution ultérieure du royaume d’Agbomê et de tous les autres royaumes de l’aire Adja-Tado, nos pouvons affirmer que ceux-ci n’ont pu comme l’on réussi la plupart des peuples asiatiques (chinois, indiens) résister victorieusement au christianisme et ont été défaits par les religions chrétiennes. Il en fut de même de l’aire Wassangari avec la résistance des Batombu contre l’invasion islamique et aujourd’hui symbolisée par la fête de la Gaani. La colonisation faisant le reste de l’œuvre de désarticulation de ces langues et cultures. Mais cette défaite est demeurée superficielle et n’est pas allée jusqu’à la destruction complète de ces religions, langues et cultures traditionnelles qui se sont révélées plus vivaces et plus coriaces que les colonisateurs ne le croyaient. Et l’offensive récente de certaines religions importées dans notre pays avec des prêches haineux à l’encontre d’autres religions notamment traditionnelles n’est due qu’au soutien ouvert des autorités de l’Etat, notamment Kérékou-2 et 3 et puis Boni Yayi, en violation même de la constitution actuelle qui prône la laïcité de l’Etat. Il y a aussi également la reconnaissance des valeurs sous-tendant ces religions et cultures traditionnelles et à l’intégration de certaines des pratiques traditionnelles dans les pratiques des religions chrétiennes. D’où le syncrétisme galopant auquel on assiste dans notre société à l’heure actuelle. Vous en savez quelque chose, vous intellectuels traditionnels dans les couvents desquels courent la nuit bon nombre de nos concitoyens et même de dignitaires qui pourtant professent ces religions importées pour avoir des solutions à leurs problèmes.

La colonisation de notre pays qui s’est étalée de 1885 à 1918 (qui a vu la défaite des héros nationaux que furent Gbêhanzin, Bio Guera, de Kaba et des Sahouès) a complètement arraché aux dignitaires de notre pays leurs pouvoirs et attributions qu’ils avaient sur leurs peuples (pouvoirs d’administration et de juges). Ceux qui ont tenté de résister ont été déportés les uns après les autres. Une nouvelle administration a été installée à la solde du colonisateur ; la langue étrangère, le français a été imposée aux peuples et particulièrement aux enfants qui pour accéder à la science universelle doivent le faire dans cette langue étrangère. Nos peuples sans être déportés comme le furent les millions d’esclaves, objet de la traite négrière, sont cependant devenus esclaves sur leurs propres terres : leurs langues et cultures sont dominées.

L’indépendance des années 1960 n’a pas fondamentalement changé les choses. Les fils des peuples dominés et dressés par l’école coloniale et néocoloniale française se sont mués en assassins de la langue et de la culture de leurs pères. Promus Présidents de la République, ministres et autres hautes Autorités de l’administration, ils ne font qu’appliquer une politique anti-peuple, une politique dictée de l’extérieur par les puissances impérialistes, notamment la France.

Cinquante ans après ces indépendances nominales, le bilan de cette domination culturelle, linguistique et économique française sur notre pays est parlant par lui-même. Déconfiture et désastre sur tous les plans ! Tous les leviers de commande économique et industrielle du pays (Port, Télécom, Ocbn, SONAPRA, Cimenteries, Brasseries, Banques et Assurances) sont bradés ou en voie d’être bradés aux puissances étrangères, françaises en particulier. La monnaie, instrument privilégié de développement d’un pays est aux mains de la France et de l’Union Européenne. Sur le plan de l’instruction publique, les derniers résultats de fin d’année révèlent que deux élèves sur trois ont échoué au bac, plus de la moitié au BEPC et l’année est en fait blanche pour plus de la moitié des élèves du pays. Les ravages des NPE se font voir à tous les niveaux. Les ressources de l’Etat sont pillées par une classe apatride qui depuis 50 ans a dirigé le pays dans l’intérêt des puissances impérialistes, françaises en particulier. La misère tenaille la grande majorité de la population. Les statistiques officielles indiquent que 31% de la population vivent avec moins de 500 francs CFA par jour et que 73% vivent avec moins de 1000 francs par jour. Le Bénin, notre pays est classé 166è sur 177 dans le monde selon le classement à l’indice du développement humain c’est-à-dire l’un des derniers si l’on excepte peut-être les micro-Etats. Malgré cette domination impérialiste, les peuples de notre pays n’ont pas baissé les bras. Ils poursuivent leurs luttes multiformes pour leur dignité, pour la reconnaissance des pouvoirs (de juges) qu’ils continuent d’exercer sur leurs populations malgré le mépris et l’hostilité dans lesquelles les tiennent les autorités politiques de l’Etat néocolonial pour la reconnaissance de leurs langues et cultures.



II

C’est sur la base de ces facteurs objectifs que dès sa création, le Parti Communiste du Bénin a inscrit comme point essentiel de son programme : libérer et unir les nationalités. L’Institut International pour la Recherche et la Formation est la structure mise sur pied par Pascal Fantodji avec le PCB pour la réalisation de cet objectif. Il constitue le cadre de l’alliance des matérialistes militants pour l’émancipation des peuples du Bénin. Et depuis la fondation de cet Institut en 1997 que de progrès accomplis ! Notamment depuis 2002, cette Alliance ne fait que se renforcer avec la Conférence Annuelle des Intellectuels traditionnels qui est à son sixième anniversaire, avec les activités culturelles comme les Fêtes des Peuples devenues désormais un patrimoine de la démocratie révolutionnaire, les activités d’instruction et de formation avec les Universités Populaires et la Faculté de Médecine Traditionnelle et Alternative (FMTA) etc. Ces pas progressifs ont connu leur approfondissement avec la mise sur pied des Ordres et sous-ordres en juillet 2009 tous unis pour un même objectif : se libérer de l’oppression néocoloniale. Depuis lors, l’expérience faite avec vous démontre que le Parti communiste a vu juste en recourant à vous Intellectuels Traditionnels probes et en nouant avec vous l’alliance patriotique pour le salut de la Patrie. Pascal Fantodji et le Parti communiste ont bien perçu que vous avez été et vous êtes les principales cibles et victimes de la colonisation dans notre pays et nous au PCB comprenons le gisement du patriotisme que vous constituez pour l’émancipation du pays et qui s’exprime avec vigueur et fermeté dans des revendications que vous avancez au cours de vos multiples assises et dans les luttes multiples que vous menez contre les apatrides au pouvoir.

Dignitaires probes de ce pays,

Le système d’oppression néocoloniale au Bénin est à bout de souffle et son principal dirigeant actuel, le gouvernement de YAYI Boni prend l’eau de toutes parts. Il est en naufrage sous le déluge de scandales les plus rocambolesques les uns que les autres. L’affaire dite ICC qui est le dernier en date a fini de révéler ce qu’est ce gouvernement : un gouvernement qui se permet de livrer sa population à la plus vaste escroquerie de l’histoire de notre pays ! Les révélations issues du mémoire de l’ex Ministre de l’Intérieur Zinzindohoué n’ont fait que confirmer ce que nous savons déjà : l’implication directe de YAYI dans cette vaste escroquerie. Les dénégations des pasteurs maffieux (tels Alokpo et Zannou) ne font que raviver l’indignation. L’affaire de disparition de Pierre Urbain DANGNIVO et l’atmosphère d’insécurité instaurée dans le pays du fait de la politique terroriste de YAYI Boni viennent en rajouter au mécontentement général. Ainsi vos enfants disparaissent comme le cas de Hessou Pamphile sous Soglo. Des crimes les plus horribles se commettent et sont impunis. YAYI Boni poursuit ainsi la série macabre. Cette situation peut-elle surprendre ? Pas du tout. Vous intellectuels traditionnels, n’avez-vous pas offert à Boni YAY, candidat aux Présidentielles en 2006 votre programme et votre souhait dès qu’élu de procéder à la purification du pays pour que les crimes de sang soient lavés et que les âmes des victimes reposent en paix. N’a-t-il pas opposé à cette généreuse démarche ainsi qu’à vos revendications légitimes et demandes d’audience portées à lui et à son gouvernement le plus souverain mépris ? Face à tous ces actes indignes de nos peuples (dont entre autre la vente de tout le patrimoine national) posés par le gouvernement de YAYI Boni, celui-ci doit être chassé du pouvoir et ce tout de suite. Trop c’est trop !

Le moment est arrivé pour qu’ensemble, tel un seul homme vous vous leviez pour recouvrer vos pouvoirs et dignité que les colonialistes français vous ont arrachés depuis 1894 et que les pouvoirs néocoloniaux depuis 1960 continuent de maintenir.

C’est le sens de l’appel que j’ai lancé au peuple le 04 Août dernier. Les objectifs à réaliser immédiatement en ce qui concerne particulièrement les Intellectuels Traditionnels se formulent ainsi qu’il suit :

- « l’instruction de tous et de chacun dans sa langue maternelle.

- la reconnaissance de toutes les langues parlées au Bénin comme langues officielles

- la reconnaissance des dignitaires (rois, chefs de terre) et des autres intellectuels traditionnels tels que les chefs de couvents, guérisseurs et devins comme administrateurs et juges locaux.

- la reconnaissance par l’Etat des cliniques des tradithérapeutes

- la reconnaissance par l’Etat de l’Organisation des Chasseurs et des brigades de jeunes « Donkpè » pour assurer la sécurité de l’Etat »

L’accueil fait à mon « Adresse » démontre aujourd’hui que la révolution philosophique et culturelle dans notre pays est achevée et que la révolution sociale est une question immédiate et à l’ordre du jour. Aucun pouvoir dans notre pays quel qu’il soit ne peut plus bénéficier de quelque crédibilité sans l’application de ces objectifs émancipateurs. Il n’est donc pas étonnant qu’on observe par-ci par-là des tentatives d’escamotage tendant à des réformes dans le genre que voici : recrutement des tradithérapeutes auprès de certains centres sanitaires pour intervention auprès de malades comme en région Agonlin et surtout la « validation » du projet d’arrêté portant « conditions de délivrances d’autorisations de mise sur le marché des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle ». A ce propos, le ministre TAKPARA de déclarer qu’il s’agit de « recenser par département les centres, d’harmoniser au niveau national les conditions de délivrance des autorisations de mise sur le marché… d’intégrer les médicaments issus de la médecine traditionnelle comme composante essentielle de la politique pharmaceutique au Bénin ». Quid de la fondation d’une Faculté de Médecine Traditionnelle et Alternative ? L’on n’en dit rien. On apprend de même selon AKOHA Bienvenu que le gouvernement de YAYI Boni s’apprêterait à expérimenter pour cinq ans l’introduction des langues nationales dans l’enseignement formel.

Ces réformes pour les auteurs apatrides visent, dans une situation de défensive, à escamoter les exigences essentielles pour tenter d’arrêter la révolution.

De telles actions de réformes dans une période révolutionnaire sont inévitables ; elles ne peuvent que constituer des éléments dans le processus révolutionnaire en cours et, à ce titre, doivent galvaniser aux combats les combattants de l’émancipation des peuples pour l’atteinte de leurs objectifs finaux.

Mon Adresse au peuple, porte sur la nécessité de la mise sur pied d‘un Gouvernement de Salut National pour la Renaissance de la patrie. Et comme l’on peut le savoir, un tel Gouvernement ne peut s’installer par la voie des élections telles que celles dont on parle pour 2011. Yayi aura beau jeu de truquer, de frauder et de gagner par la grande corruption telle qu’il l’a appris au pays d’EYADEMA-père et dans les réseaux des hauts bourgeois béninois. Ce qu’il faut c’est le soulèvement général de tous les peuples unis en une Alliance patriotique pour sauver le pays. Cette alliance s’entend alliance du Parti Communiste du Bénin, des Travailleurs et de vous Dignitaires et Intellectuels Traditionnels probes.



III

Ici quelques mots s’imposent à propos de l’union des peuples pour la libération de la patrie pour lever quelques obscurités et séquelles de division semés par l’histoire et entretenus par les ennemis des peuples, notamment les colonialistes. Cette union doit se faire contre l’ennemi, les colonialistes et néocolonialistes qui ont semé notre histoire de contrevérités qui font agir encore aujourd’hui des hommes dans le dessein de division des peuples pour le maintien de la domination impérialiste..

La première de ces questions est celle de la soi-disant trahison de Goutchili devenu Agoli-Agbo vis-à-vis de son frère Roi déchu Gbêhanzin et qui entretient encore des rancœurs et rancunes à certains niveaux de notre pays. En fouillant bien et en écoutant l’histoire vraie venant des milieux bien informés de la cour royale, rien de tel n’a été. Une fois, Gbêhanzin déporté, il faut bien un Roi pour maintenir encore debout ce qui reste du royaume. Et c’est sur décision de la famille royale composée des Dignitaires et Princes du royaume que Goutchili a pris les rênes du pouvoir. A supposer que Goutchili ait refusé, les colonialistes français auraient désigné un autre. Cette démarche ne présente rien qui fasse voir la trahison par alliance avec les colonialistes français. La preuve c’est que quelques années plus tard le roi Agoli-Agbo lui-même a été victime de la colère des colonialistes et déporté à son tour.

La deuxième est celle la soi-disant trahison du roi Toffa qui s’est allié aux Français (dans un traité de protectorat) contre Agbomê. Un colloque qui s’est tenu à Porto-Novo cette année, a essayé de situer les choses. Ce que je veux dire par là et cela pour l’intérêt de l’union des peuples pour le combat émancipateur, c’est qu’on ne peut parler de trahison que par rapport à son propre peuple. Et son peuple c’est celui de son royaume, celui de Hogbonou (Porto-Novo). Il n’existait pas encore d’Etat du Dahomey ou du Bénin actuel. On ne peut juger un événement que dans son contexte. Le problème essentiel pour un souverain c’est la défense des intérêts supérieurs de son peuple et de son territoire contre les invasions extérieures d’où qu’elles viennent. Le roi Toffa entendait défendre l’intégrité de son territoire contre un puissant Voisin, le royaume d’Agbomê. En se mettant sous le protectorat français, il n’entendait pas perdre la souveraineté de son territoire. Il s’est fait par la suite que cette indépendance n’a pu être sauvegardée. Mais, là c’est une autre question. Car une chose est la volonté de sauvegarder son indépendance ainsi que les voies recherchées pour atteindre cet objectif ; une autre est d’atteindre effectivement cet objectif. Le contexte de l’époque ne permettait d’ailleurs à aucun souverain de la région d’atteindre cet objectif : la sauvegarde de son indépendance, face à la vague déferlante et expansionniste colonialiste.

La troisième est la considération à avoir par rapport à Adandozan. Pascal Fantodji et avec lui l’INIREF a à maintes reprises situé ce personnage comme un grand Patriote qui s’est opposé aux velléités dominatrices des Européens représentés par l’esclavagiste Chacha de Souza, et l’a considéré comme un des repères historiques en même temps que Kpohizoun et d’autres pour les royaumes de l’aire Tado. Voici ce que Akinjogbin dit à son sujet : « Il demandait aux Portugais de lui envoyer non pas seulement des bateaux remplis d’armes et de munitions, mais des hommes sachant fabriquer des armes et des poudres pour l’installation des manufactures d’armes dans son royaume. En plus il affirmait disposer des minerais d’or dans son royaume pouvant permettre aux Portugais une exploitation, s’ils y envoyaient des techniciens compétents. Comme son Prédécesseur immédiat, la mission connut un échec. Le Secrétaire d’Etat Portugais décida que du fait de la diminution progressive de l’approvisionnement des esclaves au Dahomey, aucune relation d’amitié ne doit être encouragée avec Adandozan. .. » Et si on ajoute sa position selon laquelle il écrit « au Roi du Portugal qu’il avait sa propre religion et son propre Dieu qui était Lègba et par conséquent lui interdisait l’envoi des prêtres missionnaires pour tenter de le convertir » au christianisme, on comprend la conclusion tirée par l’historien nigérian et que je cite : « Le moins que l’on puisse savoir de la personnalité d’Adandozan est qu’il était un jeune Monarque imaginatif et progressif, très en avance sur son époque » (Op. cit. pp.189 et 200).

La quatrième est celle de l’existence de deux rois, voire même de trois rois pour un même trône. Ce phénomène est né sous l’action maléfique de l’autocrate Kérékou qui à un moment donné en a fait une pratique générale dans le pays. C’est ainsi qu’il a créé le roi Houédogni Béhanzin contre Agoli-Agbo à Agbomê. Il en est ainsi aussi à Porto-Novo etc. Le gouvernement de YAYI Boni poursuit dans cette voie de division des peuples. Actuellement la non intronisation du Roi désigné sur le trône de Parakou est due à l’action des autorités gouvernementales. De la sorte nous avons des rois fantoches créés de toutes pièces par des hauts bourgeois apatrides et ne jouissant d’aucune légitimité.

Le Parti Communiste du Bénin s’est toujours élevé contre ces pratiques qui divisent les peuples. Il a joué un rôle de conseil dans le dénouement de cette question sur le trône d’Agbomê et l’éviction du roi fantoche. Il a toujours combattu et combat l’intrusion des pouvoirs publics dans les affaires intérieures des chefferies traditionnelles et a même érigé cette attitude en principe à valeur constitutionnelle : laisser les chefferies traditionnelles régler leurs problèmes internes selon leurs propres réglementations.

Ainsi Thèse constitutionnelle VIII : « Les Institutions d’Etat n’ont pas le droit d’intervenir dans les questions d’organisation :

- des royaumes,

- des collectivités familiales,

- des collectivités religieuses,

- des confréries.

Tous ces groupements se dotent de règlements intérieurs qu’ils amendent selon leurs volontés respectives propres et au moment où ils le désirent. La justice ne peut intervenir qu’à titre de conseil pour la réconciliation ou les scissions éventuelles et non sous un rapport pénal d’aucune sorte… ».

Les travailleurs et les peuples sont en combats pour l’émancipation du pays, indépendamment de leur appartenance ethnique ou religieuse. Cela est beau, très beau même.

Le développement de la question religieuse, notamment sous l’angle historique, n’occulte pas ce fait que bon nombre de citoyens béninois fidèles de ces religions importées se sont battus et se battent vaillamment pour la réhabilitation de nos valeurs culturelles, linguistiques, pour les libertés religieuses et donc pour l’émancipation de nos peuples. Comme on le voit les religions importées depuis plus de deux siècles font partie du patrimoine culturel et cultuel de notre pays. Le Parti Communiste du Bénin s’est toujours battu pour la défense des libertés religieuses. Il a défendu par exemple les Témoins de Jéhovah ainsi que les Christianistes célestes en butte au régime autocratique de Kérékou-PRPB dans les années 1980 comme il a combattu ce même régime dans sa fameuse lutte « anti-sorcière » au Bénin. Le Gouvernement de Salut National respectera toutes les confessions religieuses sans exclusive et voudra que n’existe aucun ostracisme à l’encontre d’aucune religion.

Le Gouvernement de Salut National respectera toutes les confessions religieuses sans exclusive et leur demande de ne pratiquer aucun ostracisme à l’encontre d’aucune autre. Ce qui est à proscrire c’est cette agression qu’on observe des religions importées (fortes de soutiens occultes des milieux impérialistes) contre les religions endogènes. Et cela dans les prêches publics. Cette pratique est intolérable et doit être combattue avec la plus grande énergie. Je leur dis arrêtez cela ! Chez nous, nous ne voulons pas de guerre de religion.

Dignitaires probes ! Votre tâche est importante dans la mise en place de ce Gouvernement de Salut National en tant que principales victimes de la colonisation. Majestés ! Respectés Dignitaires de mon pays ! Levez-vous pour récupérer vos pouvoirs et attributions que depuis 1894 le colonisateur français vous a arrachés ». La question du pouvoir vous est habituelle et vous en avez le savoir-faire.

Levez-vous pour laver l’humiliation historique subie par nos illustres ancêtres, Gbêhanzin, Kpoyizoun, Toffa, Bio Guéra, Kaba etc. et que continuent de perpétuer au profit du colonisateur d’hier, des Fils indignes de ce pays.

Alors en avant pour le Gouvernement de Salut National pour un Bénin émancipé !

Cotonou le 11 septembre 2010,

Le Premier Secrétaire du parti Communiste du Bénin

Philippe NOUDJENOUME

Compteur de visiteurs

Please install plugin JVCounter!

Votre calendrier

juillet 2020
lmmjvsd
12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031